Ces policiers et gendarmes qui démissionnent : « J’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? »
Le Monde, 25 décembre 2025 (archive)
Une série de témoignages de différents profils qui ont vécu finalement des choses assez proches.
Premier cas
- Dès l’école :
« plaisanteries » plus ou moins appuyées sur les « gauchistes » et saillies racistes.
- Constate de la violence sans que personne ne bouge
Il découvre, aussi, des « collègues en grande souffrance, déprimés par un management vertical assez brutal », les méfiances entre les différents corps, gardiens de la paix, officiers, commissaires.
- C’est
La répression des manifestations contre la « loi travail », en 2016, achève de le dessiller
[de démissionner], avec un commissaire qui ne laisse rien transparaître. (Et coucou le bon vieux PS pour la répression des manifs…)
Deuxième cas
« Quand on dénonce un problème dans la police, on devient le problème », résume Jean-François (qui n’a pas souhaité donner son nom)
sa hiérarchie n’accepte pas qu’il dénonce en interne « ce dysfonctionnement ». Une enquête administrative est aussitôt diligentée contre lui, « une procédure-bâillon » destinée à le « faire taire », assure-t-il.
C’est le début d’une longue suite d’avertissements, de rappels à la règle, d’« exclusion de réunions de groupe », jusqu’à l’isolement total.
Sympathique l’harcèlement moral.En mars 2021, il est sanctionné pour avoir « contesté de manière inappropriée » l’attribution de la prime qu’il estime indue.
Sympathique la sanction, uniquement sur la forme, puisqu’on pouvait certainement pas le sanctionner sur le fond.Un mois plus tard, il signe une rupture conventionnelle après des « crises d’angoisse » et un « burn-out » qui l’ont décidé à quitter la police
Troisième cas
Mais à son arrivée dans une prestigieuse brigade de la PJ parisienne en 2023, il déchante. Pendant des mois, il va documenter des faits de harcèlement, des « blagues » à caractère sexuel jusqu’aux insultes. Avisée, la hiérarchie n’y voit que les marques d’un humour potache. « Il était capitaine, dit-il en évoquant son tourmenteur, ce n’était pas lui qu’on allait virer, mais moi. »
Mais s’interroge : « Une institution où l’on couvre presque toujours les brebis galeuses peut-elle fonctionner longtemps comme ça ? »
Quatrième cas (double témoignage)
Au sein des personnels affectés à la « DG »,
[Direction Générale de la gendarmerie nationale]on plaisante volontiers sur les « CAC », les « commandes à la con » passées par les étages supérieurs de la hiérarchie.