C'est NON

Nous méritons tous·tes mieux !

Pourquoi tu es si fatigué ? (même quand tu fais « tout bien »)

DLTDC Dans La Tête D'un Coureur (Deezer), 6 février 2026


La fatigue est devenue une norme. Elle touche aussi ceux qui font attention. => 66% des français se disent épuisés.

Ce n’est pas qu’une question de sommeil : même s’il est essentiel, il suffirait de dormir pour être en forme au réveil, hors ce n’est pas toujours le cas.

Une question de surcharge mentale : On a un cerveau vieux de 300 000 ans adapté à des problèmes quotidiens plus simples, moins chargés, plus rapides (avec une fin de tâche proche), plus concret. Avec un quotidien, moins intense, avec des temps de silence et des pauses. Alors qu’aujourd’hui nous sommes dans un monde surchargé, complexe, abstrait.

On estime qu’on prend en moyenne 20 000 à 35 000 décisions (parfois abstraites) par jour. C’est le cortex pré-frontal qui gère la prise de décision, la planification, le contrôle, l’anticipation, l’inhibition. Aujourd’hui, il est sollicité constamment (majoritairement pour des micros tâches) alors qu’il était sollicité plus rarement chez nos ancêtres.

=> C’est ce que les chercheurs appellent un décalage évolutif : on a un cerveau conçu pour gérer un monde simple, concret, intermittent qui doit fonctionner dans un monde moderne abstrait, rapide, fragmenté qui te sollicite en permanence. La société actuelle n’est pas adaptée à notre cerveau.

Hartmut Rosa propose qu’on vit dans un monde qui accélère sur 3 niveaux :

Chaque gain de temps est devenu une opportunité d’en faire plus. Donc une charge mentale qui augmente. On a le sentiment d’être en retard, on ne s’arrête jamais vraiment. Sensation de devoir faire quelque chose.

Quand notre corps sature de tout ça => il émet un signal de fatigue.

Pourquoi une tâche simple (envoyer un mail, répondre à un SMS, …) peut nous paraître lourde ?

Notre cerveau passe son temps à anticiper, à simuler l’avenir, il estime et projette la charge, les chances d’arriver à finir une tâche. Donc quand une tâche mal définie, abstraite, sans fin claire, sans feedback, notre cerveau peut ne pas la percevoir comme un effort rentable. Donc il s’économise et déclenche le signal de la fatigue. On se retrouve à ressentir de la fatigue avant même la réalisation de la tâche.

=> Hors, ce sont ces tâches qui font notre quotidien.

L’évitement ou la procrastination peuvent donner l’impression d’un soulagement immédiat. La pression va chuter au moment de l’évitement. Mais la tâche ne disparaît pas, va rester en tâche de fond et va finir par nous épuiser parce que notre cerveau va continuer à l’anticiper. Cette charge là est plus difficile à identifier car elle est plus diffuse, elle concerne ce qu’on a repoussé, ce qui reste en attente.

Une fatigue qui apparaît comme une résistance. Il faut évaluer à chaque situation si il y a cette sensation de résistance avant, pendant et après pour estimer si la tâche va nous épuiser à la fin. Exemple avec la course à pied : on peut avoir de la résistance pour aller courir, mais une fois la sortie faite, on se sent mieux. Ici, on n’accumulerait pas de la fatigue : c’est une sur-évaluation du coût par notre cerveau. Si par contre on fait une tâche et qu’on se sent fatigué après, qu’elle s’accumule, sans jamais récupérer : c’est un déséquilibre et entraine une fatigue chronique. C’est ce qu’on peut ressentir dans certaines relations sociales. => Il faut distinguer ces 2 fatigues : celle qui nous protège d’un inconfort temporaire (c’est donc une résistance) d’une une fatigue durable.

Quelques actions :

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Personnellement je me sens constamment épuisé depuis des années (difficile d’en être sûr, mais ça peut peut-être remonter à une dizaine d’années), avec des variations où je me sens vraiment très bas et d’autres moments « corrects » où j’ai juste des difficultés à me lever du lit le matin et à lutter contre une flemme constante.

Depuis je mets en place plein de petites astuces (présentes dans le podcast) qui permettent de vivre à peu près normalement dans notre société (par ordre d’importance, selon mon expérience perso) :

En soit : dans les codes d’aujourd’hui, on pourrait dire que je me fais chier, mais je m’évite ainsi d’être (trop) mal.

Cependant… Une grosse part est juste hors de zone de contrôle. Notamment le travail : l’incompétence ou la malveillance au travail, n’est pas contrôlable, j’essaie alors de l’accepter, de m’en défendre, mais de lâcher prise. Classiquement (et malheureusement trop fréquemment), je peux voir une difficulté arriver, faire remonter l’information, souvent il n’y a pas de réponse ou on balaie de la main le probable problème. Le problème arrive et on va m’en tenir responsable, viennent à ce moment des situations multiples à gérer, sans fin, avec des responsables qui se déresponsabilisent et n’ont aucune peine, eux, à faire peser la charge de la situation aux personnes qui n’en sont pas responsables. (Astuce : s’envoyer à soi-même par mail à son adresse pro et privée des comptes rendus des échanges, faire des échanges par mail avec les collègues concernés, faire des sauvegardes de ces mails et si aucune remarque précise ne vous est faite, le mettre à l’écrit aussi par mail).